Lettre à monsieur Jourdain

14 pages de Sofia Kolokolo2
Lettre à monsieur Jourdain Sofia Kolokolo2
Synopsis

Cet essai doit beaucoup à mes lectures des romans de Jean Giraudoux, notamment Juliette au pays des hommes. Je remercie Henri pour ses précieux conseils et Mounette pour sa relecture attentive, ainsi que Lola et mes petits-fils pour leur amour indéfectible. Sans eux, je n’en serai pas là.

Publié le 10 Février 2022

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Alors que nous venons à peine de digérer la rentrée littéraire d’automne et que celle de janvier se profile avec ses centaines de nouveaux titres, nous constatons qu’il est devenu encore plus difficile aujourd’hui qu’en 1948 de répondre à la fameuse question posée par Sartre dans l’essai Qu’est-ce que la littérature ?. Car nous savons bien que les anciennes conceptions tant classiques que modernes, fondées sur l’autonomie de l’art, les aventures de la forme, l’isolement du loisir studieux ou le surplomb élitaire, sont battues en brèche par d’autres attitudes, d’autres procédés, d’autres hybridations. D’autant qu’en parallèle tout se passe comme s’il ne fallait plus plaire à ceux qui lisent (et ont beaucoup lu), mais à ceux qui lisent peu, voire ne lisent plus.

Les anciens « genres » ? Ils sont désormais tous mêlés puisque le roman, par exemple, inclut désormais le récit, mais aussi les catégories du témoignage, de l’enquête, de la biographie et même de l’écriture documentaire, tandis que les vieux critères du style ou de l’originalité sont congédiés au nom d’une efficacité narrative qui a partie liée avec la lisibilité et la justesse, puisque « l’adéquation au réel » est devenu le fin mot de tout. Ouverte à l’histoire comme au journalisme, fécondée par les sciences humaines (notamment la sociologie), la littérature contemporaine est massivement devenue un instrument d’action sociale et politique auquel pourrait correspondre la feuille de route instaurée par la Nouvelle Académie, ce jury alternatif constitué en 2018 –au plus fort des scandales ayant entaché l’Académie suédoise, qui décerne le Nobel : « Promouvoir la démocratie, la transparence, l’empathie et le respect, contre les biais d’inégalité, d’arrogance et de sexisme. »

De toute évidence, il s’agit tout autant d’une « crise théorique majeure » que d’un « changement de paradigme », pour reprendre les mots d’Alexandre Gefen, qui les analyse très finement dans son dernier ouvrage, L’Idée de littérature. De l’art pour l’art aux écritures d’intervention [1]. Le précédent, Réparer le monde. La littérature française face au XXIe siècle [2], avait montré à quel point les projets littéraires contemporains étaient soucieux de bienveillance, d’empathie et de « soin » envers les individus fragiles, les communautés malmenées par l’Histoire, les minorités, les « victimes ». Autant d’états des lieux fort justes, d’exemples édifiants, d’analyses pertinentes très bien documentées. Autant de diagnostics se voulant impartiaux mais échouant un peu à l’être, tant l’auteur craint de désespérer le néo-Homo literatus comme de passer pour un affreux conservateur ou un horrible réactionnaire.

Aussi, rien ne sera dit des raisons profondes de ces mutations du champ littéraire et de ses valeurs. Comme de l’opportunisme cynique de l’industrie éditoriale et de ses agents soumis au marché. Bien qu’il soit trop facile de rameuter la célèbre phrase de Gide (« C’est avec les beaux sentiments qu’on fait de la mauvaise littérature »), j’ai toujours pensé que la littérature se signalait dès lors qu’on y trouvait un effet de desquamation, de désillusion quant à l’espèce humaine de chaque époque. De Cervantès à Sade, de Molière à Sterne, de Faulkner à Philip Roth en passant par Balzac, Joyce, Proust, Fitzgerald, Céline, Bataille et j’en oublie, combien de coulisses explorées, d’envers radiographiés, de mensonges révélés à travers les tragi-comédies mondaines, conjugales, sociales, familiales et sexuelles que se jouent les humains ? Se sauver, se venger : y a-t-il d’autres raisons d’écrire de la littérature ? C’est pourquoi tout art suppose la prise en compte de la négativité, de la part du « Mal » qui le fait s’opposer au « Bien » auquel s’identifient toutes les causes politiques et sociales. Or c’est justement ce que ne veut plus lire notre époque si vertueuse, si morale et, au fond, si culturelle. Car, comme l’a implacablement écrit Philippe Muray, qui a tant défrisé ses pairs, « quand le Bien annexe l’art, cela s’appelle la culture ».

Cécile Guilbert
magazine Books n° 117, janvier-février 2022

Publié le 14 Février 2022

« C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar. »
Cela n’a l’air de rien, n’est-ce pas ? Mais tout y est déjà.
Chère Sofia ; chers Malik, Gilbert, Marcel, Constantin, Ernesto, Rachid, Serge et Bruno, je vous souhaite le meilleur de l’écriture et de la lecture. Votre absence laissera un vide sur mBS, mais je comprends que l’on se lasse. J’avais plaisir autant à lire vos écrits que vos coups de gueule salutaires. Que la plume vous soit propice ! (Signé : une amoureuse de Flaubert)

Publié le 11 Février 2022

Vous allez récupérer du temps et de l'énergie pour les consacrer à votre œuvre.
Vous n'en reviendrez pas !!! "Tout ce temps, tant d'énergie !" hurlerez-vous à votre miroir en vous rasant le matin.
Le plus dur sera la période de désintoxication. Hou là là... Houlà.
Peut-être chercherez-vous à compenser (attention à la boulimie, au fumage, au snifage, j'en passe, toutes ces sirènes vont vouloir se jeter sur le pauvre navigateur... c'est terrible).
En vérité, je vous le dis, mBS est une leçon de bouddhisme (zen). Trop près, vous vous cramez les tifs, trop éloigné, vous n'existez tout simplement pas.
mBS vous inculque la "bonne distance" :
"Bonne distance" compagne de "humour" [dans le sens de prendre les choses pour ce qu'elles sont, et encore, seulement les jours bipairs].
"Bonne distance" compagne du détachement cher à Michel Serres. mBS vous téfalise radicalement.
Presque, presque une cure...
Bon vent, monsieur, madame, mademoiselle, toute la famille. Et comme m'avait écrit un certain Gérard Bossy "Mais bien entendu que tu écris de la merde. Qu'est-ce que tu croyais ? Rien que de la merde ! La littérature est dans la Pléiade et nulle part ailleurs". Avait-il raison, le vieux sage distingué ? Probablement. Probablement.

Publié le 11 Février 2022

Voilà, c'est dit. Je tenais à m'expliquer le plus clairement possible avant de m'éclipser et de retourner à mon jazz et à mon Flaubert. A laisser aussi quelques textes en souvenir (jusqu'à leur "désactivation", un jour) sur ce site, où j'ai rencontré le meilleur et le pire, et où j'ai découvert cet objet, fascinant et étrange pour moi, qu'est la prose "auto-publiée" de monsieur et madame Jourdain.
Bonne continuation à toutes et à tous (mention spéciale pour madline, C.V. et L.B.), et, j'espère, sans rancune (la vie est trop courte pour...) et à l'équipe de mBS.
"Le rideau tombe, plus personne n'est là pour saluer".
Malik alias Gilbert alias Sofia alias Marcel alias Constantin alias Ernesto alias Rachid alias Serge alias Bruno.
Amitiés,
Bruno Guennec

Publié le 10 Février 2022