Carla

27 pages de Georges Douby-Saint-Clar
Carla Georges Douby-Saint-Clar
Synopsis

Deux nouvelles :
- Carla
- L'enveloppe

Publié le 02 Octobre 2022

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5
Un cinq bien falot devant le pur chef d’œuvre qu'est L'enveloppe à mes yeux mais qui ne s'offre pas à vous de suite. On doit se porter à sa rencontre sans aucune idée préconçue et petit à petit la magie opère jusqu'à vous envoûter le lecteur et le rendre au centuple.
Publié le 01 Novembre 2022

@Catarina Viti
J'ai lu Un amour de Buzzati mais n'en ai gardé aucun souvenir. En tout cas ça semble assez logique de choisir comme point de vue le début (moment de la cristallisation) ou la fin (moment de la désillusion) puisque la cristallisation et le "désillusionnement" sont à la fois des processus psychiques et des procédés littéraires. Tout amoureux est un écrivain potentiel ; il y a même des amoureux qui trouvent plus commode d'écrire leurs histoires d'amour que de se donner la peine de les vivre :)

Publié le 07 Octobre 2022

J'ai vu de la lumière, alors je suis entrée. Réponse toute partielle à mister Georges : les écrivains Italiens produisent (je l'ai lu, pas moi-même vérifié) les plus courtes histoires d'amour, car ils n'en relatent que les débuts ou seulement la fin. Petits malins ! Le milieu, ils s'en tappent.

Publié le 07 Octobre 2022

@ingrid pouffe
Ce n'est pas une histoire d'amour avec un début un milieu une fin, c'est un moment d'une histoire d'amour.
Et quand je parlais de littérature, je voulais parler de la littérature publiée, étudiée, reconnue mondialement. Quel auteur a écrit une histoire d'amour en quelques pages ? Dans quel livre, dans quelle nouvelle ?

Publié le 06 Octobre 2022

@Georges Douby-Saint-Clar
Qu'est-ce que notre chère Planckette a fait d'autre dans "Mes femmes", puisque M. Belmont voit en elle une véritable écrivaine ? Et en plus, elle s'offre le luxe de raconter un polyamour !!!

Publié le 06 Octobre 2022

Bonjour @Lucas Belmont
Bonjour @ingrid pouffe : en quelques pages une histoire d'amour ? Est-ce que vous avez un exemple dans la littérature ?

Publié le 06 Octobre 2022

@Georges Douby-Saint-Clar
Mais bien sûr qu'il est possible de restituer en quelques pages une histoire qui aurait eu vraiment lieu, qui aurait été réelle ! C'est une des magies de la littérature, pour qui sait s'en servir !

Publié le 06 Octobre 2022

@Georges Douby-Saint-Clar
Nous voici éclairés par l'auteur lui-même :) c'est tout l'avantage de ce site que de nous mettre en correspondance avec le chef de la partie, celui qui a décidé des règles, le patron de notre imagination puisqu'il nous fait penser sur sa pensée, je veux dire l'auteur. Et quand bien même celui-ci douterait de son propre cheminement, c'est le lecteur qu'il interroge en même temps que ses personnages. Quand enfin l'histoire tient à la forme et qu'elle est en équilibre sur le fil de l'écriture et de la lecture (chacun trouvant les morceaux à asssembler), on peut penser en effet qu'elle est l'histoire de l'auteur comme de son lecteur : Carla est toutes les femmes et Malik tous les hommes. Donc non, cette histoire n'est pas une si petite nouvelle. D'ailleurs n'a-t-elle pas provoqué l'ire de Melle Pouffe, l'admiration de Mme Viti qui a éclairé votre page et les envolées lyriques de Mr Belmont ?:)

Publié le 06 Octobre 2022

@Lucas Belmont
@ingrid pouffe
Voilà une bien intéressante discussion pour une si petite nouvelle :)
Je vais vous dire ce que j'ai essayé de faire. Je me suis dit qu'il y avait quelque chose d'obscène à parler de soi et que la forme était ce que la littérature avait inventé pour permettre aux gens de parler d'eux-mêmes sans être obscènes (ce que, par exemple, je suis ici, en parlant de mon texte, de mes intentions d'auteur).
Carla reprend sa photo pour que Malik ne conserve rien d'elle ; c'est une métaphore de ce qu'est le récit de Malik : il ne conserve rien du passé, rien de Carla, rien de son histoire avec Malik, rien de Malik lui-même. Le récit est une image, un instantané qu'on glisse dans un cahier et qu'on relit parfois, mais qui n'entretient aucun lien (ou alors seulement un lien anecdotique, épisodique) avec ce qu'on appelle le réel. Le récit marche à toute vitesse (comment serait-il possible de restituer en quelques pages une histoire qui aurait eu vraiment lieu, qui aurait été réelle ?), en soulevant des éclats, des fragments de récits : Carla c'est toutes les femmes et Malik tous les hommes, ce sont des lieux de projection. Il n'y a pas une relation de faits mais un soulèvement, un éparpillement d'indices, de signes qui évoquent pour le lecteur une image de couple, d'homme, de femme, d'état amoureux. Le lecteur fait ce qu'il veut de ce puzzle. Il comble ou non les trous avec ses propres pièces. Ou bien il n'y croit pas et reste en dehors parce qu'il trouve ça trop formel.
S'il y a récit, c'est celui d'une impuissance à raconter une histoire d'amour (qu'il y ait eu histoire ou non importe moins que l'impossibilité de la raconter) et pourtant - et c'est là où pour moi réside l'émotion - il y a quand même cette tentative, cet essai sans espoir de donner une cohérence à des bribes.
Essai tragique que la forme et uniquement la forme (c'est-à-dire essentiellement le rythme imposé au lecteur par le découpage visuel et syntaxique du texte) parvient à soutenir, comme un funambule marche sur un fil tendu sur le vide.

Publié le 05 Octobre 2022

@ingrid pouffe Nous croyons être abusés par notre sexe alors que c'est le texte qui nous abuse:) La forme du texte, l'omniprésence / l'omniscience :) du narrateur, et le rôle parfaitement secondaire de la femme qui est "racontée" par le narrateur. Jeu inégal donc qui vous fait dire ce que vous dites sur le personnage, alors que le jeu est tronqué, pipé, par une narration univoque et donc injuste. C'est le point de vue de l'auteur qui vous rend le narrateur aussi peu sympathique. Ce n'est pas le narrateur (et tous les hommes qu'il représente/engage par ses actes – clin d'œil sartrien) à qui il faut lancer la pierre, mais à l'auteur qui le fourvoie dans ce rôle. C'est donc à l'auteur qu'il faut intenter ce procès :) (d'ailleurs vous y avez pensé en le prenant pour Malik, son autre nom :) Ainsi le fait que vous soyez une femme n'a rien à voir avec la façon que vous avez de juger le personnage, car c'est l'auteur qui a décidé de ce point de vue, sciemment, douloureusement peut-être. En revanche, l'appréciation par le lecteur de ce chemin de croix dépend de son propre regard sur le Monde, dans lequel l'appartenance à un sexe ou un autre est un élément constitutif fondamental. D'où un jugement plus clément de ma part pour ce personnage à qui je reconnaîtrais le bénéfice du doute et l'indissociable crainte/peur de s'engager et d'être quitté. Clémence que vous auriez sans doute pour Carla si l'histoire était racontée de son point de vue. Mais rien n'est moins sûr avec l'auteur qui nous fait tourner en bourrique et, pour peu, nous ferait changer de sexe :)

Publié le 05 Octobre 2022

@Lucas Belmont
J'entends parfaitement ce que vous dites, mais je ne vous suis pas. Non pas sur "Le Rouge et le noir", s'entend, mais sur "Carla". Est-ce parce que je suis femme, mais je continue à penser que, sans exonérer sa partenaire de toute responsabilité (car pour être femme on n'en est pas moins homme (!), et Dieu sait si l'homme est faible en ses passions), c'est l'affreux Malik (je crois) qui est le grand méchant de l'histoire - et , d'ailleurs, j'irais franchement jusqu'à le taxer d'une certaine perversité puisque, lui, dès le début de l'histoire (et même avant qu'elle ne débute, si j'osais), il savait très bien où tout cela allait mener et, même s'il présente les choses pour laisser penser qu'il s'est laissé embarquer, c'est, sinon un petit salaud, au moins un minable d'une certaine envergure...

Publié le 05 Octobre 2022

La forme dilue la responsabilité du narrateur, en effet @ingrid pouffe . Si telle est son ambition, le texte est réussi : excuser le narrateur et lui donner le beau rôle, celui de la victime. Cela fonctionne aussi pour Carla qui, fin p.2, est la première à défier le narrateur et se trouvera prise au piège, victime à son tour. Chacune des parties s'amende de la responsabilité de la rupture. Le narrateur et Carla se tournent le dos (une porte qu'on ferme, une photo qu'on enlève), glissent sur tous ces moments qui les ont unis, retrouvent l'équilibre après cette situation informelle, la drôle de forme justement de cette union perdue dans l'expectative et le renoncement. Pas vraiment un couple, vous avez raison, mais un couple avec des moments - pris pour ceux d'un couple. Un couple evanescent, comme l'est la forme du texte qui ballotte le lecteur et le laisse finalement sur le palier de l'étage, interdit devant une porte que l'on referme et cette femme au dos sublime qui s'en va. Une forme perfide puisqu'elle fait mentir l'histoire alors que le lecteur n'est pas dupe. Un exercice d'auteur donc. Enlevez la forme, et tout s'écroule. Une oeuvre de composition. Tout est composé dans une oeuvre pour arriver à un point de vue. Prenons l'ex d'un auteur cher à @Georges Douby-Saint-Clar . Stendhal compose ”Le Rouge et le Noir” pour amener son lecteur à accepter le suicide de Julien Sorel, jeune homme trop fier pour son siècle. C'est Julien qui va chercher la guillotine et préfère se faire trancher la tête plutôt que de la courber. Mourir en pleine gloire et dans la jeunesse de son corps, aimé, désiré, jalousé. N'est pas Napoléon qui veut, mais n'est pas meilleur condamné qui peut. La forme est aussi éloquente que le fond, grandiose dans l'élévation des sentiments, précieuse dans l'élévation des âmes (la religion est hypocrisie et lieu des affaires), simple et constante (quand rien n'est compté mais offert). Une forme qui fait mentir l'histoire (une histoire d'amour) alors qu'elle est au service d'une ambition.
Donc oui, l'auteur compose, le lecteur dispose, et la vérité est entre les deux, que la forme travestit pour le plus grand plaisir de l'auteur et du lecteur. Entre les deux, ou des deux côtés comme ici, où l'auteur et le lecteur ne sont pas dupes mais se laissent conduire dans l'ivresse d'une histoire d'amour engagée sur la défiance, une histoire dont on connaît déjà la fin et qui ne peut se suivre qu'avec le concours d'une forme extra-ordinaire.

Publié le 05 Octobre 2022

Bonjour @ingrid pouffe
La manière d'agencer le récit est une façon pour le narrateur de se disculper, mais je crois que nous sommes tout à fait d'accord, je n'ai jamais dit le contraire. Pourquoi parlerait-on de sa culpabilité si ce n'était pour s'en disculper ? A moins que le narrateur soit masochiste, mais ce n'est pas ainsi que je l'ai pensé.

Publié le 05 Octobre 2022

@Georges Douby-Saint-Clar
J'ai le plus grand respect pour les commentaires de M. Belmont, cependant, ici, je crois qu'il se trompe, et c'est quand il affirme que nous finissons par nous dire qu'aucun des deux protagonistes n'a raison ni tort. Je sais bien qu'il est toujours vain d'attribuer les torts à unetelle ou untel lors de la rupture d'un couple, mais, ici, ce n'est pas à cela que nous assistons, mais plutôt à la rupture d'un couple qui n'a jamais existé. Et pourquoi n'a-t-il jamais existé ? Vous le savez aussi bien que moi, et même mieux, aussi, s'il faut à tout prix désigner un coupable, il n'est guère difficile de le trouver. Et - j'en reviens à ce que je disais dans mon précédent commentaire - la manière d'agencer et d'écrire votre récit n'est en somme, pour le narrateur, qu'une façon de diluer sa responsabilité et de se masquer à lui-même une certaine forme d'iniquité morale. Parce que, quand même, qu'a-t-il fait d'autre que mentir à Carla du début jusqu'à la fin ?

Publié le 05 Octobre 2022

@ingrid pouffe
Je ne peux pas mieux vous répondre que @Lucas Belmont :)

Publié le 04 Octobre 2022

@ingrid pouffe
@Georges Douby-Saint-Clar
La forme est ici le personnage de l'histoire, car c'est elle qui crée ce va-et-vient entre les deux protagonistes et les différents temps des scènes. Une forme plus convenue, moins distendue entre les éléments nous ferait tenir sur le fil avec deux mains pour nous soutenir. En cela, me semble-t-il, il faut penser cette forme comme le fond de l'histoire : une perte d'équilibre pour les 2 parties.
En d'autres termes, on nous remue dans tous les sens. C'est ainsi que nous finissons par nous dire qu'aucun des deux protagonistes n'a raison ni tort, car c'est la peur de s'engager, la peur de l'équilibre, qui les a séparés.

Publié le 04 Octobre 2022

@Georges Douby-Saint-Clar
Je ne peux m'empêcher de me demander si votre histoire n'aurait pas mérité d'être écrite avec un style plus simple, une prose plus épurée. A mon avis, elle aurait eu plus d'impact. Parce que, là, vous paraissez plus intéressé par la manière de dire que par ce que vous dites, ce qui ôte beaucoup de relief au côté psychologique de la chose. Qu'en pensez-vous-t-il ?

Publié le 04 Octobre 2022

Merci pour votre commentaire, Lucas.
Pour le fauteuil, je crois qu'on comprend la même chose que vous donc je n'ai pas voulu insister, surtout que ce serait bizarre qu'un seul invité ait mobilisé le fauteuil toute la soirée :)
L'écrire du point de vue de Carla, j'y ai pensé comme vous. Mais j'ai eu peur qu'il y ait trop de ressentiment de son côté, alors que l'homme (névrosé, comme le souligne hannah plnck) culpabilise, se rend compte de sa lâcheté, du mal qu'il a fait.
Ce serait possible pourtant, mais ce serait un très gros travail et je n'ai hélas que très peu de temps pour écrire.

Publié le 03 Octobre 2022
5
@Georges Douby-Saint-Clar Cette dernière version est une nouvelle histoire parce qu'elle obéit à un mouvement différent, plus harmonieux, même si celui-ci va et vient dans le temps et l'histoire éphémère de ce couple qui s'est brisé sur la peur d'aimer. C'est un film de cinéma en noir et blanc qui me fait penser aux films de la nouvelle vague, rien n'est solide sous nos pieds, un sol mouvant où le travelling auquel nous assistons est celui que le lecteur opère en glissant sur ce sol. Une perte d'équilibre donc, c'est la réussite de cette version, la narration fait perdre l'équilibre au lecteur comme chutent à leur façon les personnages de l'histoire. Alors oui, cette version est la bonne parce qu'elle enserre et nous tourne la tête // N.B : p.5 le fauteuil de tous les invités ? plutôt celui de l'homme qui l'a courtisée, accentuant ainsi un trait de caractère du narrateur (qui semble être à la manœuvre dans la scène, à la manœuvre dans tout d'ailleurs... une histoire d'homme:) Une idée: écrire la même histoire, du point de vue de Carla.
Publié le 03 Octobre 2022

@hannah plnck
Oui, un être humain, quoi.

Publié le 03 Octobre 2022

@Georges Douby-Saint-Clar
Sur la forme, il n'y a pas photo. Sur le fond, toujours le même abruti engoncé dans sa névrose.

Publié le 03 Octobre 2022

@Catarina Viti
Oui, pour les retours en arrière je les ai enclenchés d'abord au plus-que-parfait (normal) puis j'ai continué à chaque fois au passé simple (moins normal, mais je me suis dit que ça pourrait unifier tous les retours en arrière et faire comme une sorte de récit - destructuré, au fil des associations d'idées de la mémoire - mais récit quand même, avec le leitmotiv de la marche comme point de repère et donc aussi le passé simple).
Bon, j'avais peur que ça fasse trop résumé et pas récit. Donc je suis content que vous trouviez cette version meilleure que les précédentes.
Merci pour votre avis.
Bonne écriture.

Publié le 03 Octobre 2022
5
Tout cela est bien subjectif, mais je trouve cette version de Carla meilleure que toutes celles proposées précédemment. ...///... Raison (unique raison, ah, ah !) pour laquelle je vous fourgue cette barrette de stars, dont au sujet des quelles je compte bien ne pas vous entendre parler de voûte étoilée. Et n'en profitez pas non plus pour vous fendre d'un de ces remerciements à la bisque de nonnettes qui trop souvent gâtent les pages céans. ...///... Finalement, à force de tordre les phrases, d'allonger le texte, comme on allonge la pâte à pâtes, de le défroisser, j'ai l'impression que vous avez trouvé quelque chose de très personnel, un rythme qui, en plus de donner une "griffe" à votre écriture, vous autorise à des déplacements dans le temps (vous autorisant à déstructurer le déroulement chronologique, ce qui était une de vos recherches). ...///... Merci pour le partage.
Publié le 03 Octobre 2022