Interview
Du 27 avr 2020
au 27 avr 2020

« Journal de confinement numéro cinq ».

Rana Alam fait de son écriture un jet spontané ; c'est cette spontanéité qui touche, comme un cri. Une vérité élémentaire qui n'est autre que la Vérité : les morts on ne les remplacera pas. Ce texte est écrit dans le cadre de l'appel à l'écriture de monBestSeller : "Ecoutez le silence
 je n’y peux rien, je ne sais pas si je me bats en écrivant je n’y peux rien, je ne sais pas si je me bats en écrivant

J’essaie de passer le temps, d’écrire, pour changer les idées mais je n’y arrive plus, un seul sujet vient à l’esprit, l’encre obéit, j’y vais, je mets sur le papier ce qui vient, je me rends compte que je ne sais plus écrire l’amour, la patrie, la nostalgie, tous les autres sujets sont en suspens...

Je n’écris que ce qui vient à l’esprit : « le confinement », ce que je vois et ce que j’entends, je n’étais pas comme ça avant, j’étais bénévole à la Croix-Rouge au Liban, je partais à la guerre, je prenais en charge les malades les blessés, des morts et ceci pendant 11 ans, je n’étais pas comme ça avant, moi !
Ce virus m’a eue!

J’étais à l’action, là, je n’y peux rien, je ne sais pas si je me bats en écrivant ou bien je pousse un cri d’alarme, ou bien je décris la situation mais je sais que je suis, comme beaucoup, abattue, en voyant le nombre de morts augmenter, de jour en jour, des gens non sauvés par manque d’un masque ou d’un respirateur ou bien par manque de personnels soignants ou bien par manque de place à l’hôpital…

Je sais, que je verse mes larmes en écoutant le nombre de morts augmenter de jour en jour, des femmes, des enfants, des médecins, des soignants, des infirmières, des assesseurs, un policier, une maman, un papa, un enfant, un parent, un enseignant, des familles déchirées, endeuillées...

Beaucoup manquent à l’appel . La vie s’est arrêtée, tout est à reconstruire, pierre par pierre.

Il faut tout reconstruire, oui, mais ça, les vies humaines, personne ne le pourra, ceux qui sont morts, personne ne pourra les remplacer.

Coronavirus est un assassin !

Rana Alam 

@Alam, se battre tout en écrivant, c'est exactement ça.
Ce cri silencieux que vous avez poussé, ce silence dans les rues vides qui résonnaient et répondaient par cet écho absent du bruit des inquiétudes de ceux qui cherchaient l'espoir, cette porte de sortie...
De ceux qui cherchaient l'espoir, le regard plein d'envie et qui se promenait dans les rues vides alors que nous étions cloisonnés derrière nos masques et nos gants, les nouvelles tristes qui rentraient et se succédaient pendant que nous nous calfeutrions....
Que nous nous calfeutrions dans cet espace vital qui se réduisait comme une peau de chagrin pour n'avoir plus que la taille d'un cercueil..
En ce deuxième jour de liberté retrouvée, alors que nous pouvons nous passer de masques, y compris dans les transports en commun, profitons! Respirons ! Et honorons ceux qui sont restés et ne reviendrons pas.
Merci pour votre texte

Publié le 17 Mai 2022

@monbestseller merci beaucoup pour ce partage.
Merci aux nombreux lecteurs
À bientôt.

Publié le 01 Juin 2020

Bonjour
Je tiens à vous remercier d’avoir Publié mon texte sur votre site, l’écriture reste un abri, un refuge et un havre de paix pour moi, je suis reconnaissante envers les lettres qui nous permettent de nous évader vers un monde différent de celui qu’on a vécu ce dernier temps de confinement. Vive l’écriture et merci Monbestseller !
À bientôt
Rana Alam

Publié le 09 Mai 2020