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Du 22 avr 2020
au 22 avr 2020

C'est fini

Quand le Covid rappelle les souvenirs perdus, quand il sonne le glas, peut-être, d'un style de vie, quand il coïncide avec un départ, ou plutôt un retour, c'est peut être la fin d'un amour. Peut-être, seulement. Un texte écrit par Sylvia Stoyle pour l'appel à l'écriture monBestSeller.com
On dit ça, on dit ça...On dit ça, on dit ça...

C’est fini les rires sur les terrasses de café et le bruit des verres qui trinquent. 

C’est fini cette époque où nous nous contentions, heureux, de vivre chaque jour sans souci du lendemain. 

C’est fini le temps des rencontres et des adieux. 

C’est fini les embrassades sans gêne et les sueurs qui se mêlent à toute heure de la nuit. 

C’est fini les rendez-vous place de la Bastille, avant de nous promener main dans la main le long des quais. 

C’est fini les dîners qui s’éternisent et dont on voudrait s’échapper. 

C’est fini les voitures, la pollution, les attroupements, les odeurs nauséabondes, nous manqueront-ils ? Je me rappelle de ton obsession pour ces engins électriques. À quoi nous servent-elles, maintenant, ces machines-là ? 

C’est fini les sorties entre amis, les pots avec les collègues, les pacs et les mariages, c’est fini. Dis-moi combien seront maintenus demain ? 

C’est fini l’entreprise impersonnelle, oppressante, c’est fini les réunions de crise. 

C’est fini le repassage de tes chemises à contrecœur au petit matin. 

Comme c’est calme maintenant que tout est fini, comme on s’écoute. Nous avons repris possession du temps, semble-t-il. 

C’est fini les voyages autour de la planète, c’est fini le culte de la surconsommation. Que faire de tous ces habits entassés dans nos placards, tous ces meubles dont on ne peut plus voir la couleur ? 

C’est fini la suffisance et les égoïstes, les bandits et les sournois. La prise de conscience se propage plus vite que le virus. 

C’est fini les altercations, pour un oui, ou pour non, c’est fini de se dire les quatre vérités. Désormais, on se respecte, on se soucie de sa grand-mère et de sa mère aussi. 

C’est fini le temps où tu m’aimais, où l’on dormait l’un contre l’autre, seuls au monde dans notre abri douillet. 

Hier, tu es parti, parti pour ta patrie, parti au secours de ta tendre France qui s’époumone. J’ai si peur que cela soit bien fini, est-ce vraiment fini ? Est-ce la fin ou le début de quelque chose de meilleur ? Aurais-je dû te glisser ce mot avant que tu passes le pas de la porte ? 

Non, car je ne veux pas croire que ça soit vraiment fini.

Silvia Stoyle

Association “Les Plumes en Folie”, 

Blog : lesplumesenfolie.home.blog

Page Facebook : Les Plumes en Folie

Merci

Publié le 23 Avril 2020