Actualité
Du 06 oct 2018
au 27 sep 2018

L’affaire Koskas : quelles retombées pour l’autoédition ?

La menace, proférée par certains libraires, de boycotter les livres en lice pour le Prix Renaudot fait grand bruit. La raison de ce coup de sang ? La présence, parmi les présélectionnés, d'un roman de Marco Koskas autoédité via KDP.

Son roman auto-édité "Bande de Français" raconte l'installation de juifs français à Tel-Aviv. Sélectionné parmi les 17 ouvrages cités pour le prix Renaudot. Son roman auto-édité "Bande de Français" raconte l'installation de juifs français à Tel-Aviv. Sélectionné parmi les 17 ouvrages cités pour le prix Renaudot.

Accepter qu'il figure parmi les postulants à un prix littéraire reconnu, ce serait soutenir le grand méchant Amazon… « On ne va pas payer le concurrent qui veut notre mort. » En clair : acheter à Amazon le livre lauréat (surtout s'il advenait que le prix soit décerné à Koskas) pour répondre à la demande de leurs clients, boostée par le retentissement médiatique du Renaudot. Oui, ça leur ferait mal ! Parce qu'en l'occurrence, et c'est là que le bât blesse, l'éditeur est aussi libraire en ligne…

Cette histoire a déjà fait couler beaucoup d'encre numérique dans les médias et sur Facebook, et presque tout le monde s'est déjà fait une opinion, j'imagine ! Mais je ne pouvais pas laisser passer certains commentaires sans vous proposer un petit billet récapitulatif et rappeler que, là encore, les choses ne sont pas aussi binaires que l'on pourrait le croire. 

Des polémiques en tiroir

L'affaire Koskas a suscité aussi quelques polémiques annexes.

• Je n'aborderai pas la question du boycott d'un écrivain israélien par la grande édition, phénomène qui aurait amené Marco Koskas à s'autoéditer.

• En revanche, il est important d'évoquer ci-après une question surgie dans le fil des discussions : le livre de Koskas, tel que proposé sur Amazon, serait entaché de coquilles et d'erreurs de mise en page. Je n'ai pas eu le temps de vérifier ; toutefois, je fais confiance aux auteurs qui en ont témoigné.

De toute évidence, seul le fait que Marco Koskas est habituellement un auteur édité et reconnu a permis à son livre auto-publié d'en arriver là. On a un peu les boules en pensant à tous les indés qui publient des livres d'une qualité professionnelle optimale, au moins en termes de présentation, et qui n'auront jamais cette chance…

Une première : un livre autoédité en lice pour un grand prix littéraire

N'empêche : pour la première fois, un livre autoédité se retrouve en lice pour un grand prix littéraire. On aimerait qu'il soit impeccable, afin de mieux contribuer à revaloriser l'image déplorable de l'autoédition. Si ce n'est pas le cas, quel dommage !

Cela dit, la chose ne m'a pas étonnée. Dans la grande édition, un auteur se contente de faire le job : écrire. Les correcteurs et l'équipe éditoriale s'occupent de mettre le livre au propre et dans sa forme finale ; c'est d'ailleurs une partie de ce qui fait rêver les indés… 
À mes débuts en autoédition, j'ai moi-même publié des manuscrits mal mis en page (il en reste sûrement des traces). Il m'a fallu acquérir par la suite des compétences que je ne m'étais jamais souciée de posséder.

Tôt ou tard, les indés auront leur chance de sortir de l'ombre

L'aspect qu'il faut retenir – vous le trouverez sûrement intéressant, vous aussi –, c'est qu'à l'heure où le budget correction des maisons d'édition fond comme neige au soleil, où beaucoup publient à tour de bras de la daube mal rédigée ET mal présentée, l'indésphère aurait une occasion en or de se faire remarquer du grand public et des amateurs de littérature en mettant un point d'honneur à peaufiner sa production sur tous les plans. Parce que : non, la situation n'est pas immuable ; tôt ou tard, les indés auront leur chance de sortir de l'ombre si, dès à présent, ils se décident à jouer le jeu de la qualité.

 

Elen Brig Koridwen

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@Charlotte De Garavan
Exactement. Merci pour votre commentaire ! Bien cordialement

Publié le 24 Octobre 2018

@abdesselam bougedrawi
Très juste !

Publié le 24 Octobre 2018

@Elen Brig Koridwen Merci pour cette note optimiste concernant les autoédités ! Je suis d'accord avec vous sur le fait de peaufiner nos textes. Nous n'avons pas à avoir de complexes mais à démontrer notre valeur en étant toujours plus exigeants vis à vis de nous-mêmes.

Publié le 24 Octobre 2018

@Michel TAILLANT
Entièrement d'accord avec vous. Merci pour votre commentaire !
Bien cordialement,
Elen

Publié le 03 Octobre 2018

@abdesselam bougedrawi
Bonjour Abdesselam,
Je suis d'accord, aussi bien sur la particularité du cas de Koskas que pour ce qui est des indés (mais "indés" est un terme approprié, et aux USA ils sont reconnus en tant qu'auteurs indépendants). C'est ce que j'ai formulé sur mon blog dans l'article d'origine, qui sera publié ici en deux parties – et qui visait, entre autres, à décomplexer les auteurs autoédités.
Bien cordialement

Publié le 27 Septembre 2018