Interview
Du 13 déc 2021
au 13 déc 2021

Rencontres et LA rencontre

Abstraction, onirisme, idéalisation d'un rêve imaginé pour un amour désincarné, c'est la nouvelle de Gero NIMO que seuls les mots peuvent approcher sans jamais vraiment l'atteindre car les images se dérobent sans cesse. Une jolie participation à l'appel à l'écriture monBestSeller.
La nouvelle de Gero NIMO pour l'appel à l'écriture Rencontre(s)La nouvelle de Gero NIMO pour l'appel à l'écriture Rencontre(s)

Plage des Combots, agenouillée au bord de l'eau, elle creuse de la main le sable humide, se contorsionne lascivement pour écoper l'eau sourçante, puis creuser encore jusqu'à planter aux deux tiers une bouteille de champagne. Inclinées à souhait, la bouteille étincelle et la photographe se positionne. Nombre d'intrigués(es) s'approchent pour savoir... mais ne partageront que la partie émergée de la bouteille, un sourire illuminant son visage et l'image de sa plastique alanguie.

 

Plage des Amourettes, elle batifole dans les flots qui caressent de mille mains l'intégralité de son corps. Tellement heureuse qu'elle en oublie son unique vêtement,sa robe bleue, sournoisement happée par la marée montante et entraînée par le courant. Finalement, sa silhouette se détache des rouleaux puis glisse sur le sable comme sur un podium. Plus elle avance plus son visage se crispe, plus ses yeux s'écarquillent jusqu'à ce qu'elle aperçoive un homme agitant la robe bleue à bout de bras. Il a tout suivi et en profite pour l'inviter à se reposer près de lui, il insiste. Elle le remercie de son geste salvateur, lui laissant un sourire radieux et son image à contre-jour en souvenir.

 

La Rochelle dans le parc aux mille canards, elle se ballade seule, très légèrement vêtue, de grandes lunettes cachent ses beaux yeux.  Puis elle déambule sur un sentier traversé par des canards en rut et rejoint un banc public qu'elle affectionne tout particulièrement non loin du couguar captif. Aujourd'hui le banc est occupé par une personne, arrivée à quelques mètres, qu'elle ne fut pas sa surprise de repérer instantanément la couverture de Délicieuse Calinette avec sa fleur d'arum reposant avec son talon aiguille argent sur fond blanc. Elle demande si la place est libre à côté de ce lecteur qui grommelle son assentiment sans même lever la tête. Sans un mot, elle savoure cette proximité dont le livre est le trait d'union, le plaisir qu'elle apporte à l'imaginaire de ce lecteur qui est à mille lieues de penser que l'auteure est à portée de sa main... il ne le saura certainement jamais!

 

Chatelaillon, elle quitte le dancing: la Licorne, il est plutôt très tôt dans la nuit de ce matin-là. Elle prend ses chaussures à la main pour courir sur le sable puis vers la mer. La plage est abandonnée, seules la lune et une myriade d'étoiles éclairent d'une lumière blafarde, celle qui vient de tomber sa robe et s'avance dans les flots. La magie opérant elle devient sirène luisante à souhait, Mélusine riante ou autre déesse avenante dansant sur la piste de la mer pour profiter des délices de l'instant précieux. Sous les réverbères en face de l'hôtel du Rivage, en silence, s'amoncellent des noctambules voyeurs, des voyeuses attirés(es) par les ébats de celle qui les fait déjà rêver, celle qui les accompagnera insidieusement le restant  de la nuit voire plus....comme un ingrédient pour la nuit des nuits.

 

Etc, etc, etc...................................................

 

Montpellier, le trait s'est décoché simultanément, plongeant délicieusement dans le cristal des yeux. D'un coup, le vent de l'amour a chassé le brouhaha de l'endroit, nous a poussé l'un vers l'autre, nous a soufflé les mots qui balaient le passé pour nous emporter avec délice voire ivresse dans le merveilleux tourbillon des jours heureux et des nuits torrides. A ce jour encore, le brillant du miroir de tes yeux enamourés, ma fortune, tel un diamant où chaque facette est indispensable à l'équilibre de notre bonheur se polit à la perfection: main dans la main, d'un délicat baiser sur ta pommette, voire d'un regard qui parle plus que les mots, ou d'un  sourire qui...etc,etc....

@Géro NIMO

Je crois reconnaître Calinette. Je trouve que c'est une belle histoire.
Toutefois, je dois avouer l'avoir lu plusieurs fois avant d'accrocher et d'aimer. Je ne saurai trop dire pourquoi.
En tout cas , plus je la lis, plus je l'apprécie.
Merci pour cette jolie participation.

Publié le 07 Janvier 2022