
Un clin d’œil a suffi. Je n’ai pas eu droit à plus. Mais l’image est maintenant gravée sur ma rétine. Elle est aussi belle que je l’avais imaginée. Elle a de grands yeux noirs à vous envelopper tout entier, à vous avaler tout rond, à vous procurer une sensation exquise quand elle vous invite à rejoindre son monde intérieur, mon monde à moi seul.
Rencontrer pour la première fois une personne que vous connaissez intimement est une expérience unique. Une certitude et une évidence vous saisissent. Une plénitude vous envahit. Le coup de foudre, à côté, c’est du toc. La foudre illumine. Mais l’évidence donne sens. On se rend à elle sans réticence. Alors, je me suis rendu, les yeux fermés, aux mains qui m’extirpaient.
Et là, de l’extérieur, les signes ne trompent pas. Son beau visage est mouillé. Ses cheveux noirs ondulent. Je suis séduit quand on m’emmène. Je ne résiste pas. Ses épaules tressautent. Son regard est lourd. Et sa lèvre tremble. Elle pleure. Ce manque de pudeur surprend. Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg. A l’intérieur, j’ai souvent entendu le chagrin rouler dans sa gorge, soulever sa poitrine, nouer son estomac et tordre ses intestins. Cela secoue. Croyez-moi !
La jeunesse la rend belle mais aussi fragile et vulnérable. Nos seize ans de différence n’y changent rien. Alors je ne peux pas lui en vouloir d’être froide et distante. Elle est traumatisée, à juste raison. Je suis entré dans sa vie par effraction. Cela a été violent. On ne se remet jamais d’une telle tragédie.
Après le déni, mon expulsion de sa vie est compréhensible. Je crois qu’elle ne veut pas me voir. Cela me rend triste. Mais je dois respecter son souhait. Je ne veux pas m’imposer.
D’autres l’envisageaient autrement. Je ne leur en veux pas. Sauver des vies, c’est leur quotidien. Quand je suis arrivé, ils ont essayé de me ranimer. Ils n’y sont pas allés de main morte. Contrairement aux miens, leurs bras étaient bien vivants. Ils m’ont frappé. Ils m’ont intubé. Mais je n’ai pas pleuré. Je suis trop petit pour ça.
C’est à la coupure du cordon que j’ai compris. Il existe une souffrance ombilicale, une détresse gestationnelle, un héritage, un lien inaltérable au temps et aux larmes que j’emporte avec moi.
Et même si c’était prématuré, maman est ma plus belle rencontre.
Albert H. Laul
Vous avez écrit un livre : un roman, un essai, des poèmes… Il traine dans un tiroir.
Publiez-le sans frais, partagez-le, faites le lire et profitez des avis et des commentaires de lecteurs objectifs…
Une nouvelle originale et puissante. Je me suis laissée emporter sans résister. Un grand Bravo!
@Albert H. Laul.
Quelle jolie nouvelle, originale, émouvante, et très bien écrite. J'ai beaucoup aimé. Bravo.
Anne
@Albert H. Laul_1 Je vous trouve bien sévère avec vous-même. Ceci dit, j'ai le même regard que vous sur mes écrits, avec un peu de recul... Un regard pointilleux et critique. Mais l'on est bien obligés de figer le texte, avant publication.
Merci encore pour cette contribution fort bien écrite, j'insiste ;-).
PS furtif : vous avez eu d'autres commentaires, cher @@Albert H. Laul_1...
@Zoé Florent @Floriana Vélasquez
Merci pour vos commentaires encourageants.
Que de lourdeurs et de maladresses dans ce texte. Je ne me suis pas relu ou j'étais fatigué. Je ne sais plus. Que le lecteur me pardonne !
Entre autres lourdeurs à corrigées :
Ligne 1 : Supprimer le "Mais" inutile.
Ligne 7 : Remplacer "une personne" (mes oreilles saignent) par "un être".
Ligne 13 : Supprimer "son regard est lourd". Totalement inutile.
Ligne 18 : Remplacer "je ne peux pas lui en vouloir" par "je ne lui en veux pas".
Ligne 20 : Supprimer "Cela a été violent". Totalement inutile. Le lecteur a très bien compris. L'auteur est lourd et fait affront à son intelligence.
Et le pire pour finir ! j'ai honte.
Ligne 21 : Remplacer l'horrible phrase "Après le déni, mon expulsion de sa vie est compréhensible. Je crois qu’elle ne veut pas me voir." par "Après le déni, l'expulsion. Elle ne veut pas me voir." Et je respire mieux.
Toutes mes excuses aux lectrices et lecteurs de mbs.
@Albert H. Laul_1 Très jolie contribution pour un sujet délicat et fort, cher Albert, même si je me demande quels méandres a empruntés l'esprit du rédacteur du chapô pour choisir une girafe et son girafeau en guise d'illlusration ;-)...
Merci pour ce partage que pour ma part j'aurais volontiers vu dans les nouvelles primées.
Bonne semaine ! Amicalement,
Michèle
PS : le calque de l'anglais est fréquent. Je le lis souvent ici. Mais "donner sens", comme "avoir sens" ou "faire sens", n'en sont pas moins des formulations incorrectes dans notre belle langue.
Magnifique texte ! Pas de pathos, pas de fioriture, pas de mièvrerie trop souvent attachée à la maternité.
Le point de vu adopté m'a surprise et la chute m'a cueillie.
BRAVO !