Monna Vanna Sister

14 pages de Catarina Viti
Monna Vanna Sister Catarina Viti
Synopsis

"Je viens de percevoir l’instant où la pensée se détache et, comme la foudre, fond sur un point du passé. L’œil de la mémoire a localisé sa proie. Dans une fraction de seconde, ses serres se planteront dans ce détail perdu sur la toile des souvenirs".

Pour Lila L.

Publié le 23 Septembre 2022

Les statistiques du livre

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8 commentaires , 7 notes
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@Donovan Letch,
"Mais où entreposez-vous la somme colossale de mots et de phrases économisés ?"
Je vais tout vous dire.
Le Quercy (celui que j'habite) est calcaire : des grottes, des cloups, il y en a partout. C'est là que je les fourre !
Sinon, je laisse faire le temps. Cette histoire, je l'ai écrite une première fois, il y a (hououououou, je préfère ne pas compter). Ensuite, il y a le temps, la vie, le rouleau compresseur, ce machin chose qui te glisse à l'oreille "Tiens, prends ça, ma grosse. Allume et fume". Ce truc irremplaçable qui efface le superflu pour ne laisser que le nécessaire... Encore que, des fois, il lui arrive de s'oublier au gré d'une de ces nardinbebeck de métaphores !
Bon, grosso modo, ça vous a plu. J'en suis ravie !
Merci beaucoup pour la lecture et le message.

Publié le 27 Octobre 2022

@Annie Pic. Pour quoi écrivons-nous ? Et, ensuite, pourquoi publions-nous ? Je me pose régulièrement ces questions. Répondre à la première me paraît plus simple. A la seconde, je n'ai pas encore de réponse satisfaisante.
J'ai commencé par écrire des histoires, par "raconter", par noircir des pages de façon "spontanée", guidée par un fil directeur. Et ainsi, pendant des années. Jusqu'en 2016 environ. Ecrire était devenu une sorte d'activité qui me prenait dès qu'une idée passait à proximité. Alors vite, je m'y mettais et zim, bam, boum, jusqu'au mot fin. Ensuite, grand vide intérieur comblé par une autopublication (voire une édition à compte d'éditeur).
J'ai réalisé alors qu'en m'y prenant ainsi, j'étais en train de passer à côté de quelque chose d'essentiel : écrire.
J'avais cru écrire pendant tout ce temps, alors que je rédigeais.
Finirai-je au fond d'un lac, les deux pieds dans le ciment ? Est-ce l'avenir que me réserve l'écriture ? Je prends le risque !
Merci pour votre commentaire.

Publié le 25 Octobre 2022
5
@catarina viti « Je viens de percevoir l’instant où la pensée se détache et fond, comme la foudre, sur un point du passé » L’écriture est tellement fluide sans basculer dans cette forme d’anorexie lexicale nommée minimalisme, qu’elle éclipse (presque) le récit pourtant prenant sinon envoûtant avec ses accents exotiques. Un peu comme la voix d’une belle fille pourrait rehausser sa beauté. L’alternance ciblée des longues et des brèves… Et les dialogues sagement contenus. Mais où entreposez-vous la somme colossale de mots et de phrases économisés. Une caserne désaffectée ? Une galerie de mine six pieds sous terre ? Mystérieux mystère. Maintenant, je saisis toute la portée de « la densité de la matière ». Point de détail : à l’instar de ma propre prose, on peut encore passer à la trappe quelques comparaisons et métaphores qui entravent le rythme. Comme c’est le cas dans l’exemple ci-dessus. Je ne savais pas non plus pour Saint Roch ; c’est un point d'histoire digne d'être relevé.
Publié le 25 Octobre 2022
5
Bonjour Cararina Viti. Vous déroulez, d'une plume délicate et assurée, la toile d'un souvenir d'enfance jusqu'à sa quintessence. Vous puisez, au cœur des tourments de la narratrice, la portion d'existence qui surgit de sa mémoire d'enfant. Douceur et parfum de liberté défilent, lentement, intensément ; en même temps, au gré des mots, un trésor symbolique libère les sens. La facilité de l'exprimer, ouvre une fenêtre sur la grâce d'une étoile : une vieille artiste, ancienne danseuse nue, qui, ayant cessé de briller, prépare son éternité. Ce voyage jusqu'au stade ultime de l'existence, ramène l'adulte à sa propre conscience, à sa propre réalité. Quelle est la frontière qui le sépare de son imaginaire ? Catarina, vous m'avez projetée dans les strates des phrases littéraires de ma jeunesse, quand je me consacrais à écrire ses profondeurs. Mais la vie passant, et, l'expérience aidant ; il est peut-être préférable de s'émanciper avant que l'écriture ne nous fige dans son ciment ! Mes amitiés, Annie.
Publié le 25 Octobre 2022

Merci, @Fernand Fallou. Je viens de relire ce texte après quelque temps d'oubli (je travaille sur un machin-chose qui me prend le cap, je te dis pas...), et c'est vrai qu'il n'est pas si mauvais, ma foi. Alors, pisque t'es mon Fernandounet : Saint-Roch est le nom que j'ai donné à Sanary-sur-mer. Voilà, mon cœur, tu sais tout !

Publié le 09 Octobre 2022
5
Chère @Catarina Viti Tous ces mots qui s’harmonisent entre eux comme s’ils se tenaient la main. L’image passe comme un tableau de peintre. Il y a tellement de Saint-Roch en France que je n’ai pas trouvé celui dont tu parles. Je suis resté estomaqué par le coup de l’innocent. Bravo.
Publié le 09 Octobre 2022

@Joseph Victor Marclair, merci d'avoir pris le temps de laisser vos impressions de lecture.
Dans ce texte, j'ai voulu, effectivement, aborder le thème de la mémoire.
Je travaille actuellement sur un texte beaucoup plus long (une novella, je pense) dont le titre "Crépuscule avec Hannah" fait parler la mémoire, les différentes étapes de la vie, la construction de la personnalité au fil du temps, et ces instants fulgurants qui se gravent dans notre esprit à un moment, de grâce ou de cauchemar, mais au final, nous sommes cela, rien que cela et tout cela.
Je croyais écrire quelque chose de relativement bref quand j'ai posé la première pierre de ce texte, à savoir son titre qui était là depuis longtemps, mais je sais aujourd'hui que ce "Crépuscule" ne verra pas le jour avant l'année prochaine.
Avez-vous quelque chose de court dans vos tiroirs ? J'aimerais le lire. "Passe-moi l'avouillette" (merci, j'ai découvert un mot) est au-delà de mes moyens visuels et temporels.
Merci encore.

Publié le 08 Octobre 2022
5
Des phrases bien ciselées par des mots qui construisent des décors atypiques. Elles m'aspirent vers une zone de mystères empreints d'une nostalgie touchante et attachante. En vous lisant, je me laisse envahir d'une forme de quiétude comme touché d'un envoutement bizarre. Les fantômes bienveillants du passé réveillent parfois une lucidité qui éclaire le présent.
Publié le 07 Octobre 2022

Je suis nostalgique en déposant ce commentaire, que le temps passe ! C'est une joie de revenir sur Mbs et d'y lire des textes comme le vôtre, Catarina !
Au plaisir

Publié le 24 Septembre 2022

@Catarina Viti
Eh bien, continuez à écrire des textes expérimentaux : ça vous va bien au teint...

Publié le 24 Septembre 2022

@Lucas Belmont, @hannah plck, @ingrid pouffe, @Bruno_Guennec
Merci pour vos réactions et commentaires.
"Monna Vanna Sister" est un texte "expérimental". Un de ceux que j'écris pour ensuite le re-re-re-re-retravailler "en compagnie". Ce sont donc des textes moins spontanés, plus décortiqués, écrits façon puzzle (entendre par là que chaque mot est considéré comme une pièce d'un ensemble et que je suis alors obnubilée plus par la forme de la pièce que par son motif).
Il faut savoir perdre un peu pour essayer de gagner quelque chose qu'on ne retrouvera que plus tard, à la faveur de textes ultérieurs.
(B. Guennec : "Le baiser d'Irène" est sorti tout d'un coup. Difficile de réussir à chaque fois !)

Publié le 24 Septembre 2022
5
J'aime d'abord la réflexion sur la mémoire : nos souvenirs sont-ils à nous ? Faut-il un objet banal, extérieur pour les authentifier ? Bien sûr, ça m'a fait penser à la madeleine : ici aussi le passé ressurgit, avec en plus cette idée d'authentification. Et le rapport ambigu avec la mère, "toxique" dans son intrusion dans la mémoire de sa fille, mais qu'on appelle d'un assez mystérieux "mam'" au cours du récit. J'aime ensuite l'écriture, qui est dense et belle, avec des trouvailles parfois vraiment superbes. Dans l'ensemble, les descriptions sont riches et précises. J'ai trouvé Le Baiser d'Irène plus novateur : on était plongé dans la scène, environné de sensations, d'intenses émotions et pensées. Ici, mais c'est le sujet qui le veut, c'est d'une facture plus classique ; on reconstruit le paysage mental du passé, cette artiste déchue en est l'occasion mais c'est aussi la vie d'un village, de ses gens, qui est restituée, et la mère de la narratrice. Et puis il y a l'épisode, presque une anecdote, du pigeonneau (c'est bien ça ?) offert, comme un animal de sacrifice, comme un tour de passe-passe, un numéro de cirque, qui évoque le numéro sur scène, où l'artiste se déshabille. Mise à nue de la femme, face à la mort qui vient, et on nous dit qu'elle s'y prépare devant un beau paysage. Il y a toute une vision de la vie humaine qui est contenue dans cette belle nouvelle. Qui a peut-être quelques petits défauts. Qui n'est peut-être pas totalement aboutie (je pense à la place de l'épilogue notamment). Mais qui est une oeuvre littéraire. Brava !
Publié le 23 Septembre 2022

@Catarina Viti
Ca roule, ça roule farpaitement ! Comme quoi ça paie, quand on a la littérature chevillée à l'âme...

Publié le 23 Septembre 2022
5
@Catarina Viti Du grand art, madame. Un très beau morceau de littérature, parfaitement maîtrisée. Je n'ai pas les mêmes problèmes que vous avec ma mémoire, mais je sais combien elle peut être traitresse et cruelle. Très sincèrement, madame, j'admire énormément votre texte !
Publié le 23 Septembre 2022
5
@Catarina Viti Que vous dire, sinon l'émotion de lire une écriture maîtrisée et de littérature, un évènement insidieux dans la vie de la narratrice, incise dans le pays des souvenirs... c'est un beau texte qui, s'il rend hommage à une figure du passé et au lieu, fait aussi hommage à l'écrivaine que vous montrez dans ces pages. N.B.: l'emploi du mot "toxique" p.2 interroge le lecteur et accuse/juge la mère, alors qu'il est préférable que cela soit montré (ce qui sera fait dans la suite de l'histoire). L'adjectif "débridé" suffit, car son ironie a tout dit, ou fait dire...
Publié le 23 Septembre 2022