La femme éléphant

73 pages
Extrait
de Catarina Viti
La femme éléphant Catarina Viti
Synopsis

"Ce corps que mes mains avaient tant de fois parcouru en long et en large, dont j’avais prospecté le moindre centimètre carré. Il n’y avait que son vagin et son anus que je n’avais pas explorés. Tout le reste, je pourrais encore aujourd’hui le dessiner au millimètre près, les yeux fermés."

Publié le 23 Juillet 2022

Les statistiques du livre

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"La femme éléphant" est le "Livre le +" du 8 août. Retrouvez l’article qui vous donnera envie de le lire. N'oubliez pas de laisser un commentaire à Catarina Viti, c’est pour cela qu'elle publie ses livres sur monBestSeller.

Publié le 08 Août 2022

Ce livre est noté par

11 commentaires , 7 notes
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Merci @Fernand Fallou. Oui, cette femme n'existait plus que par son corps (hideux, monstrueux, selon nos critères). Chez elle, la matière avait pris l'ascendant sur l'énergie. Et, vois-tu, je me suis longtemps interrogée sur le fait qu'elle ne voulait pas d'autres soins (elle les refusait même avec une rare violence) que ces massages aux pierres chaudes... Rien que la façon qu'elle avait de prononcer "pierres chaûûûdes"... c'était un peu comme si enfin elle retrouvait une forme d'unité. Mais d'unité avec quoi ? Ces pierres de basalte la ramenaient, je crois, à sa dimension tellurique : leur provenance, leur noirceur ; et la chaleur dont elles étaient chargées n'était pas directement celle du feu, mais celle à laquelle l'eau des profondeurs la rendait accessible , comme si tout rapport solaire lui était désormais interdit, comme si elle avait laissé toute cette part d'elle-même dans l'erg.
Tu vois, nous sommes tous véhicules de symboles sans en être conscient le moins du monde.

Publié le 29 Août 2022
5
Ma chère @Catarina Viti J’ai lu ton texte d’un seul coup. Impossible de le lâcher. Magnifique ! Ce texte pathétique est écrit d’une main de maître. « Ça n’est pas en enlevant trois tonnes de terre à la montagne qu’on change son aspect ». J’en parle dès ce soir à ma balance. Petit à petit, rentrer dans les délires du personnage, dans chaque pli de sa peau, dans son odeur, dans ses fossettes au-dessus de ses fesses… J’ai vraiment été touché par ce texte. Avec une fin magique comme je les aime… « Le ciel retrouve la liberté de pleuvoir le vendredi après-midi ». Ce n’est pas possible, c’est moi qui a dû t’influencer ;-) Bravo.
Publié le 28 Août 2022

@Parthemise33. Poissarde, je trouve que c'est un adjectif qui convient bien à cette femme. La poisse. La poix. Matière visqueuse, inerte. La pègue.
Dans l'optique du recueil (Sweet Memory) dont cette nouvelle est extraite, cette femme et son histoire symbolisent la perte de soi, l'enlisement dans le profane, le dead end de la sensualité.
A l'autre extrémité, vous trouvez "L'homme et l'Esprit-Poisson" (en ligne également), qui, lui, réussit parfaitement son initiation et passe au niveau de la lumière et du sacré (après une rude initiation spontanée). Ce qui d'ailleurs ne lui réussit pas toujours, surtout lorsqu'il quitte son univers pour venir en France Métropolitaine dans sa belle famille de parvenus terre-à-terre.
Je me suis amusée à écrire un roman "à la manière de" certains auteurs du temps jadis, qui cachaient une histoire derrière celle qu'ils faisaient semblant de raconter.

Publié le 23 Août 2022
5
@Catarina Viti Misère physique, misère psychologique, misère affective. Il y a des personnes vraiment poissardes. Cependant, elles laissent dans nos esprits une empreinte ineffaçable. A vous lire, on comprend peu à peu comment vous avez apprivoisé ce personnage hors norme. A travers votre récit, et grâce à la subtilité de votre style, elle nous apprivoise également. Merci bisous merci pour cette tranche de vie.
Publié le 22 Août 2022

@Jocelyne Dubeau, merci. Le plus délicat, dans ce texte (ou dans "L'homme oublié d'Atropos, également en ligne), c'est de trouver une voie entre la caricature, les sentiments, l'abominable empathie, le spectacle. Je me suis raccrochée comme une désespérée à l'amour que j'ai eu et que j'aurai toujours pour cette femme... hors norme.

Publié le 13 Août 2022

C'est ma première lecture de votre œuvre et franchement, j'en suis aucunement déçue. Vous avez tellement bien décrit le corps de cette femme que parfois, j'en avais des nausées. C'était comme si j'étais dans la même pièce que cette thérapeute tellement votre écriture est juste et réaliste. J'ai adoré vos phrases élégantes et poétiques. Votre écriture est fluide et pointue. J'y ai passé un merveilleux moment. Continuez de nous gâter de vos histoires. Merci tellement!

Publié le 12 Août 2022

Merci @Ahmed Bouchikhi d'avoir pris la peine (et le plaisir, je crois bien) de lire ce texte. Et merci pour votre message. Cette femme est un vaste sujet, de ces gens qui vous marquent. Je me devais de lui rendre hommage.

Publié le 09 Août 2022
5
Emouvant et merveilleusement bien écrit. Bravo !
Publié le 08 Août 2022

Merci d'être passé par ici, @Kroussar. Comme tu l'as fort bien compris, c'est du vécu.
Pendant ton absence, j'ai sorti un recueil de portraits de personnes qui furent mes patients. Oh, bien entendu, je n'ai pas raconté leur histoire, l'histoire de leur vie (d'ailleurs, je ne me permettrais pas, et, en plus, le résultat serait sujet à caution), mais la trace qu'ils ont laissé dans mon histoire, et, finalement, le rôle qu'ils ont joué dans l'aiguillage de mon existence. On dit parfois (à juste titre ou pas) que nos patients peuvent devenir nos enseignants ; je te jure que pour ceux-là, ça a été le cas. La plupart sont morts aujourd'hui, mais leur souvenir m'accompagne toujours, et leurs épreuves, comme celles de cette femme éléphant-baleine éclairent ma route. A bientôt, Jean-Claude. Je te souhaite une belle semaine.

Publié le 08 Août 2022
5
Je n'ai pas été déçu ! D'ailleurs, connaissant ta plume qui peut être corrosive ou douce selon le thème, je ne pouvais qu'être séduit par la façon dont tu maîtrises l'histoire. Il y a du vécu là-dedans...
Publié le 08 Août 2022

@Camille Descimes. Merci. Je n'ai pas eu besoin de me documenter sur la psychose, c'est du vécu. Eh, oui. Le seul travail (en dehors de l'écriture) est de rester en équilibre au-dessus du vide, ne pas se laisser distraire, rester fidèle au sujet, n'écrire que pour lui (elle, en l'occurrence), dans l'espoir de restituer ce qui fait la relation entre deux êtres, ce cocktail hautement improbable. Merci encore.

Publié le 05 Août 2022
5
Brillant, je viens de lire votre texte d'une traite. Le thème abordé m'est cher, sous un angle plus tragique, malheureusement. Votre style est fluide et maitrisé. Votre humour fin et précis (Proust sauvé de justesse par son homosexualité des affres délirants de Sonia, très savoureux). Et très certainement un travail conséquent de documentation pour réussir à faire vivre (à donner corps !) aussi justement une patiente schizophrène. Bref, une des plus belles lectures que j'ai pu faire ces derniers jours. Un immense et très sincère merci. Ce site regorge de trésors !
Publié le 04 Août 2022

@Antoine Loiseul.
Un conte, une fantasmagorie, ou la réalité... ou une manière d'envisager ce qu'a pu être la réalité.
Il m'arrive d'inventer ce que j'écris, d'autres fois, je me contente de prendre un crayon et de dessiner des contours à mes souvenirs. Ici (et pour tous les textes réunis dans "Sweet Memory"), c'est le cas.
Merci pour votre lecture, et pour l'amitié que vous me faites en pensant à exprimer vos impressions.

Publié le 04 Août 2022
5
C’est un conte fantastique, fantasmagorique que vous nous racontez. Outre le récit qui s’articule et qui s’enchaine naturellement. Vous nous prenez par la main pour passer imperceptiblement du réalisme à la folie sans heurts. L’indulgence, la compréhension de la narratrice permet d’intégrer progressivement ces univers en douceur. C’est un hymne à la laideur, à la folie, à la tolérance qui laisse pantois.
Publié le 03 Août 2022

Merci @Lila L. Un huis-clos, c'est bien cela. Cette femme m'a laissé un souvenir impérissable. Je crois qu'une amitié nous liait. Son univers était terrible. J'ai connu d'autres psychotiques, mais tous étaient entièrement enchaînés, alors qu'elle... (Au cas où vous le souhaiteriez, Cécile Lecoin a enregistré une autre histoire (de femme terrible aussi, bien que totalement différente) tirée de *Sweet Memory*, et vous pouvez y accéder sur mon autre "livre" en ligne : *Entre deux feux, une femme*. Il suffit de cliquer sur LECTURE. Voilà. Merci encore pour votre lecture et vos impressions.

Publié le 01 Août 2022
5
Quelle histoire ! Et quel talent pour la raconter. Pour dire le travail de vos mains et de votre esprit. On est témoin de ce huis-clos incroyable, que vous faites vivre avec tant de bienveillance. Inoubliable.
Publié le 30 Juillet 2022

Merci @Malik Panafoué
..."le peu qu'on peut faire, on doit le faire".
La vie me l'a enseigné, j'essaie d'être bonne élève.
(j'hésite entre appris et enseigné)

Publié le 24 Juillet 2022

Merci @Malik Panafoué
..."le peu qu'on peut faire, on doit le faire".
La vie me l'a appris, j'essaie d'être bonne élève.

Publié le 24 Juillet 2022